• Anonyme

    Jean de LA FONTAINE (1621-1695)


    La Fortune et le jeune Enfant

    Sur le bord d'un puits très profond
    Dormait étendu de son long
    Un Enfant alors dans ses classes.
    Tout est aux Ecoliers couchette et matelas.
    Un honnête homme en pareil cas
    Aurait fait un saut de vingt brasses.
    Près de là tout heureusement
    La Fortune passa, l'éveilla doucement,
    Lui disant : Mon mignon, je vous sauve la vie.
    Soyez une autre fois plus sage, je vous prie.
    Si vous fussiez tombé, l'on s'en fût pris à moi ;
    Cependant c'était votre faute.
    Je vous demande, en bonne foi,
    Si cette imprudence si haute
    Provient de mon caprice. Elle part à ces mots.
    Pour moi, j'approuve son propos.
    Il n'arrive rien dans le monde
    Qu'il ne faille qu'elle en réponde.
    Nous la faisons de tous Echos.
    Elle est prise à garant de toutes aventures.
    Est-on sot, étourdi, prend-on mal ses mesures ;
    On pense en être quitte en accusant son sort :
    Bref la Fortune a toujours tort.

  • Anonyme

    Conjuguer



    Faut-t-il t'apprendre à conjuguer
    "Nous" au futur ou au passé ?
    Passé présent, plus qu'imparfait,
    "Nous" au futur, je tire un trait.
    Conditionnel, mais quelle est-elle
    Cette condition que tu appeles ?
    Cette condition pour que nous deux
    Nous conjuguions encore un peu ?...
    Plus que parfait, bien sûr tu l'es,
    Que j'eusse aimé te le montrer...
    Te faire savoir, dans le futur,
    Que de tout ça, j'étais si sûr.
    Oui, j'eusse aimé que tu comprennes,
    Que tu saches dire, que tu apprennes
    Un autre temps que le présent ;
    Au jour le jour : insuffisant.
    Conditonnel me fait trop peur ;
    Mets au passé, et là, je pleure...
    Dis au présent "je t'aime" et dure
    Sur ce même verbe jusqu'au futur...

  • Anonyme

    Etienne JODELLE (1532-1573)


    Quelque lieu, quelque amour, quelque loi qui t'absente

    Quelque lieu, quelque amour, quelque loi qui t'absente,
    Et ta déité tâche ôter de devant moi,
    Quelque oubli qui, contraint de lieu, d'amour, de loi,
    Fasse qu'en tout absent de ton coeur je me sente,

    Tu m'es, tu me seras sans fin pourtant présente
    Par le nom, par l'effet fatal qui est en toi,
    Par tout tu es Diane, en tout rien je ne vois,
    Qui mon oeil, qui mon coeur de ta présence exempte.

    En la terre, et non pas seulement aux forêts,
    De moi vivant l'objet continuel tu es,
    Étant Diane ; et puis, si le ciel me rappelle,

    Ô Lune, ton bel oeil mon heur malheurera.
    Si je tombe aux enfers, mon seul tourment sera
    De souffrir sans fin l'oeil d'une Hécate tant belle.

  • Anonyme

    ta de tres bo yeux

  • Anonyme

    tres chamrmante